Kyudo


Histoire de l'Art Martial

Pour les Japonais, l'arc a toujours eu une profonde signification historique et culturelle. Depuis les temps les plus anciens, l'arc japonais a eu une utilisation à la fois sacrée et fonctionnelle. Son évolution pratique ne s'est jamais faite au détriment du respect de la beauté, ni de l'élégance simple de sa forme. Même s'il a longtemps été une arme de guerre, l'arc a toujours été un objet symbolique et esthétique. Lorsque l'arc est devenu une arme obsolète, l'aspect spirituel du tir à l'arc s'est développé en tant que discipline au service de la paix et du développement personnel, dans l'union de la vigueur de la tradition du guerrier et de la dignité du cérémonial. Parmi les ryû (traditions) célèbres, on citera Ogasawara (1240) et Heki (1440). Chemin d'élévation et de développement, le concept du rei ¬ respect des autres ¬ est devenu la discipline morale qui unit ces éléments et établit les fondements de la pratique du kyûdô ¬ la Voie de l'Arc ¬ terme utilisé pour la première fois en 1660 par le Maître Morikawa Kôzan.

Dans les années 1930, le philosophe allemand Eugène Herrigel écrit un petit classique «le Zen dans l'art chevale-resque du tir à l'arc», dans lequel il raconte son expérience personnelle de l'étude du kyûdô chez le grand Maître Awa Kenzô. Ce livre a été la première introduction du kyûdô en Occident. Le rôle joué par Herrigel dans le kyûdô à cette époque reste singulier, et ce n'est que dans la période d'après-guerre, quand les contacts se font plus nombreux que, progressivement, quelques Européens vont à la rencontre du kyûdô et rapportent, dans leurs propres pays, leur expérience personnelle. Ces débuts se situent vers la fin des années 60. L'intérêt s'est lentement mais régulièrement développé. Aujourd'hui, douze pays forment la Fédération Européenne de Kyûdô (E.K.F.).

Dans l'esprit de ce bouleversement social du Japon d'après-guerre, on crée, en 1953, une fédération nationale de kyûdô pour promouvoir et faire comprendre le kyûdô dans un monde moderne. Discipline aux valeurs altruistes et esthétiques capable d'approfondir et d'enrichir la vie des peuples, le kyûdô, devenant un sport, pouvait gagner en popularité. Il entre alors dans le programme des écoles, il y est pratiqué au niveau des clubs dans les lycées et les universités. La Fédération Japonaise de Kyûdô (All Nippon Kyûdô Federation), qui compte plus d'un demi-million de membres, a soutenu le développement du kyûdô en Europe. Les maîtres japonais se rendent régulièrement en Europe et, par leur enseignement, transmettent une pratique authentique.

Histoire de la section

Charles Stampfli, pratiquant de jûdô au SDK, s'initie au kyûdô durant un séjour au Japon au début des années 70. A son retour, il intrigue d'autres membres dont José Berrocosa et Jean-Pierre Sacchi, en s'entraînant seul sur une botte de paille dans un coin du dôjô de Liotard. Ces derniers lui proposent de créer une section kyûdô. Charles Stampfli créant son propre dôjô à Plan-les-Ouates, c'est Jean-Pierre Sacchi qui s'occupe de la section jusqu'en 1984.

En 1982, Erick Moisy se passionne pour cette discipline. Il étudie les bases durant 10 ans avant de se rendre au Japon. Il devient l'élève de Me Furusawa Hiromu, Hanshi 8e dan, chez qui il retourne tous les deux ans environ. Depuis une quinzaine d'années, les dimensions requises pour la pratique ont fait émigrer la section kyûdô vers la salle de gymnastique de l'Ecole du Chemin De Roches, sur la rive gauche. Erick Moisy donne également des cours à Annecy et anime différents stages en France, ce qui a créé des liens d'amitié avec des pratiquants d'autres dôjô qui viennent régulièrement se joindre aux entraînements et stages de kyûdô du SDK.

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