Le Shodō, littéralement « la voie de l’écriture », occupe depuis plus de 40 ans une place un peu particulière au sein du SDK. Une discipline artistique, certes, mais dont la pratique partage avec le Budō beaucoup plus que l’on pourrait l’imaginer : répétition du geste, posture, respiration, engagement du corps, recherche de justesse… et cette étrange capacité à nous rappeler, séance après séance, tout ce qu’il nous reste encore à apprendre.
En parcourant les anciens numéros de Contact, le magazine historique du Shung Do Kwan, on retrouve les traces de cette aventure. Et surtout son esprit.
Du Japon à Genève
L’histoire du Shodō au SDK est intimement liée à celle de Pascal Krieger et de son maître japonais, Ichitaro Kuroda Sensei.
Dans un article publié dans Contact en 1979, Pascal raconte un séjour chez Kuroda Sensei à Tokyo.
L’endroit semble alors tenir autant de l’atelier que de la caverne d’Ali Baba : piles de livres, centaines de pinceaux, télévision allumée, visiteurs et même un petit-neveu occupé à tirer sur son grand-oncle avec un jouet spatial tandis que celui-ci calligraphie tranquillement.
C’est lors de ce séjour que Pascal apprend avoir obtenu, après plusieurs années d’étude, son premier dan de Shodō.
Kuroda Sensei en est suffisamment fier pour le présenter à ses voisins non pas comme « le Suisse », raconte-t-il avec amusement, mais comme son premier dan de Shodō.
Le maître réalise également cinq caractères dans le style reisho, destinés à représenter le nom Shung Do Kwan Budo. Pascal imagine alors qu’ils pourraient, un jour, être gravés sur un panneau de bois à l’entrée du club.
Et il tire de son nouveau grade une conclusion qui pourrait s’appliquer à pratiquement toutes les disciplines du SDK : le premier dan n’est pas un aboutissement, mais la « première marche d’une longue ascension ».
Le calligraphe venu de l’Est
Quelques années plus tard, le 26 avril 1982, Kuroda Sensei vient lui-même au Shung Do Kwan.