
À l'invitation de Christine Jeanneret qui organisait le quarantième anniversaire du premier stage de Kyūdō à Genève en 1986, avec un tir lacustre aux bains des Pâquis, la section iaï a eu l'occasion de faire un petit embu en un lieu infiniment poétique, entouré d'un publique réceptif et bienveillant.
La journée a commencé à six heures avec un concert des aubes musicales de tambours japonais sur la jetée où s'était massée une foule d'environ deux mille personnes, un moment quasi-mystique pour saluer le lever de l'astre rouge au-dessus de l'horizon.
C'est à huit heures que Monsieur le consul du Japon, après un bref discours, a invité notre quatuor de sabreuses et sabreurs à s'installer sur le petit octogone de planches mal jointes, délicatement suspendu au-dessus d'un lac de cuivre.
Après un salut aux Kami qui vraiment nous gâtaient, ainsi qu'au public étonnement nombreux à une telle heure, nous avons exécuté notre embu, comme nous aimons le faire dans notre section, sans interruption discursive, le sifflement des lames, l’écho des bokken qui s'entrechoquent et les kiaï des pratiquant en formant toute la composition sonore. Après une sélection de katas de la première série à l'unisson, convergeant vers le centre de notre plancher, plutôt exigu pour l'exercice - les sabres se sont croisés, mais sans se toucher, Isha a présenté trois katas, puis Patricia, puis Yann, puis Dominique, après quoi ont été présentés quelques bunkaï et enfin un peu de kenjutsu.
Était-ce le concert qui a précédé ? Était-ce le cadre onirique ? Était-ce l'heure matinale ? Probablement un peu de tout, mais ce fût un moment magique suspendu entre le ciel et l'eau, entre le rêve et le jour, entre soi et l'assistance, nous n'aurions assurément pas pu mieux présenter le concept de iaï : être en harmonie.
Merci encore mille fois à Christine et à la section kyūdō pour ces instants mémorables.