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Champion olympique, jeunes prodiges japonais et judokas genevois se sont retrouvés pour une semaine exceptionnelle placée sous le signe de la précision, du partage et de la transmission.

Du 31 août au 6 septembre 2026, les tatamis genevois ont accueilli un invité hors du commun : Shinji Hosokawa, champion olympique à Los Angeles en 1984, champion du monde et aujourd’hui 8e dan.


Organisée par l’Association cantonale genevoise de judo et ju-jitsu, avec le soutien de la Fondation Jean-Georges Vallée, cette semaine exceptionnelle a permis aux judokas du canton de profiter de son enseignement au cours de plusieurs entraînements organisés dans différents dojos.


À partir du 3 septembre, Shinji Hosokawa a été rejoint par deux jeunes champions issus, comme lui, de la prestigieuse Université de Tenri : Yamato Fukuda et Kairi Kentoku. Tous deux arrivaient à Genève quelques jours seulement après avoir remporté leur catégorie respective au Grand Slam de Lausanne : les moins de 60 kg pour Fukuda et les moins de 66 kg pour Kentoku. 2 victoires qui donnent la mesure du niveau exceptionnel réuni sur les tatamis genevois. La Fédération internationale de judo présente d’ailleurs Fukuda comme l’un des espoirs les plus remarquables de sa génération, tandis que JudoTV confirme la victoire de Kentoku à Lausanne.


Apprendre au contact des meilleurs


Pendant toute la semaine, les trois Japonais ont partagé leur expérience avec les judokas genevois au cours d’entraînements gratuits organisés à Genève, Lancy et Carouge.


Le samedi matin, au dojo des Palettes, les jeunes âgés de 11 à 14 ans du cadre cantonal ont bénéficié pendant deux heures d’un enseignement privilégié. Placement du pied, position des mains, équilibre, précision du geste : chaque détail était observé, corrigé, puis répété jusqu’à ce que le mouvement devienne plus naturel.


À 66 ans, Shinji Hosokawa ne s’est pas contenté de diriger la séance depuis le bord du tatami. Il a lui-même réalisé les démonstrations et pratiqué avec les jeunes, fidèle à une conception du judo dans laquelle l’apprentissage passe d’abord par l’expérience partagée.


« Moi aussi, avec mon âge, je veux encore apprendre quelque chose », a-t-il confié au micro de Léman Bleu. Une phrase qui résume parfaitement l’esprit de cette rencontre : quel que soit son âge ou son palmarès, le judoka demeure toujours un élève.


Shinji Hosokawa, une légende devenue professeur


Né en 1960, Shinji Hosokawa commence le judo à l’âge de 12 ans. Trois ans plus tard, il rejoint Tenri, où il découvre un environnement d’entraînement particulièrement exigeant. Il remporte ensuite les Championnats du monde universitaires avant de s’imposer au plus haut niveau international.


En 1984, à Los Angeles, il devient champion olympique dans la catégorie des moins de 60 kg. L’année suivante, il décroche le titre mondial à Séoul. Après une médaille d’argent mondiale en 1987, il conclut sa carrière internationale par une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.


Mais son influence dépasse largement son propre palmarès. Devenu enseignant et entraîneur à l’Université de Tenri, il a notamment accompagné Tadahiro Nomura, seul judoka de l’histoire à avoir remporté trois titres olympiques individuels consécutifs. Il a également travaillé auprès du Comité olympique japonais et de la Fédération japonaise de judo.


Dans un entretien accordé à la Fédération internationale de judo, Shinji Hosokawa explique avoir construit son parcours autour d’un conseil reçu de son professeur : faire de son mieux aujourd’hui, puis recommencer le lendemain. Une philosophie simple qu’il continue de transmettre plusieurs décennies après son titre olympique. Lire son portrait sur le site de l’IJF.


Yamato Fukuda, le prodige des moins de 60 kg


À seulement 20 ans, Yamato Fukuda possède déjà un palmarès remarquable. Champion du monde junior en 2023 à Odivelas, il conserve son titre l’année suivante à Douchanbé.


Son passage chez les seniors confirme rapidement son immense potentiel. En 2025, il remporte le Grand Prix de Haute-Autriche ainsi que les Jeux mondiaux universitaires. Le 28 août 2026, quelques jours avant son arrivée à Genève, il franchit une nouvelle étape en remportant le Grand Slam de Lausanne.


En finale, face au Sud-Coréen Lee Harim, multiple médaillé mondial, Fukuda trouve l’ouverture sur une contre-attaque décisive et s’impose par ippon. Cette première victoire en Grand Slam l’installe parmi les grands espoirs du judo japonais en moins de 60 kg.


Kairi Kentoku, déjà parmi l’élite mondiale


Âgé de 22 ans, Kairi Kentoku évolue dans la catégorie très relevée des moins de 66 kg. Champion du Japon en 2025, il remporte la même année les Jeux mondiaux universitaires, aussi bien en individuel qu’avec l’équipe japonaise.

Il poursuit son ascension avec une médaille d’argent au Grand Slam de Tokyo en 2025, puis une médaille de bronze au Grand Slam de Paris en février 2026.


À Lausanne, le 28 août 2026, il réalise un parcours de très haut niveau avant de battre son compatriote Shinsei Hattori en finale. Il rejoint ainsi Yamato Fukuda sur la plus haute marche du podium : deux titres japonais remportés le même jour, dans deux catégories successives, quelques jours seulement avant leur arrivée à Genève.


Une amitié à l’origine de la rencontre


La présence de Shinji Hosokawa à Genève ne doit rien au hasard. Elle trouve son origine dans une amitié née il y a plus de quarante ans entre le champion japonais et Mario Castello, président de l’Association cantonale genevoise de judo et ju-jitsu.


En 1984, Mario Castello passe huit mois à l’Université de Tenri. Il s’y entraîne quotidiennement avec Shinji Hosokawa et rencontre également Mamiko, qui deviendra son épouse et qui était alors camarade de classe du futur champion olympique.


Les années ont passé, mais les liens tissés au Japon n’ont jamais disparu. À chacun de leurs séjours à Genève, les retrouvailles dépassent ainsi le cadre sportif : les entraînements, les repas et les souvenirs partagés ont progressivement transformé cette amitié en une relation presque familiale.


Bien davantage qu’un stage


Au-delà de l’occasion rare de côtoyer des champions de ce niveau, cette semaine aura rappelé ce que le judo cherche à transmettre.

La précision technique, bien sûr, mais aussi l’humilité, le respect du partenaire et l’entraide. Comme l’a rappelé Mario Castello dans le reportage de Léman Bleu, aimer le judo signifie également prendre soin de celui ou celle avec qui l’on pratique.


Sur les tatamis genevois, une légende du judo, deux champions en pleine ascension et de jeunes pratiquants ont ainsi partagé bien davantage que des techniques. Ils ont fait vivre, ensemble, l’un des principes fondateurs formulés par Jigoro Kano : l’entraide et la prospérité mutuelle.


Découvrez le reportage de Léman Bleu


Photos:

Kairi Kentoku - PARK24 Group presents Tokyo Grand Slam 2025, -66 kg, FINAL JPN ABE vs JPN KENTOKU, (c) Sabau Gabriela

Yamato Fukudu - Portrait photos, FUKUDA Yamato / JPN, Japan, (c) Sabau Gabriela, (c) Jensen Lars Moeller


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