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Du jujutsu aux voyages autour du monde, Anne-Catherine Werder partage son parcours, son goût de la transmission et sa vision très personnelle de ce que les arts martiaux peuvent apporter à une vie.

Avec la série « Les visages du Shung Do Kwan », nous partons à la rencontre de celles et ceux qui font vivre le club au quotidien.


Cette fois-ci, nous donnons la parole à Anne-Catherine Werder, membre de la section Jujutsu, où elle participe à l’enseignement aux côtés de Pascal Villemin, tout en représentant également sa section au Comité.


Du tatami à son métier de socio-éducatrice, de la précision du geste martial aux voyages autour du monde, Anne-Catherine nous parle de ce qui l’anime, de ce que le jujutsu lui apporte et de sa manière très personnelle d’envisager la transmission.


1. Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Anne-Catherine et je fais partie de la section jujutsu traditionnel. J'ai 3 enfants et j'aurai bientôt 59 ans. Après une vingtaine d'années comme psychomotricienne en EMS, la conjoncture a fait de moi une socio-éducatrice en centre de jour avec une population de personnes en situation de handicap ayant une déficience mentale... Il faut savoir absorber et riposter également dans la vie.


2. Quel est ton rôle aujourd’hui au Shung Do Kwan ?

Depuis la rentrée 2021, Pascal Villemin et moi-même avons rouvert la section adulte du jujutsu traditionnel qui ne comptait alors plus qu'une section enfants maintenue grâce à Yves Sagan. Je collabore à l'enseignement et, depuis 2 ans, je suis également au Comité comme représentante de section.


3. Comment as-tu découvert le Shung Do Kwan ?

Je ne connaissais pas le SDK autrement que par son aura de plus ancien club d'arts martiaux de Genève. J'ai donc été enthousiaste de pouvoir, avec Pascal Villemin, réouvrir une section de jujutsu.


4. Quelle place les arts martiaux ou le sport occupent-ils dans ta vie ?

J'ai toujours été sportive, que ce soit en pratiquant la danse, le volleyball, le hockey sur glace ou le judo. Mais c'est autour de mes 40 ans que j'ai renoué avec le tatami en prenant un cours de self-défense à Meyrin. Je n'ai ensuite plus pu le quitter. J'ai poursuivi les entraînements en jujutsu jusqu'à ce jour. Le sport, et en particulier le jujutsu, m'apporte un équilibre tant physique qu'émotionnel. C'est devenu immédiatement un aspect fondamental de mon équilibre personnel entre vie de famille et vie professionnelle. Cet espace est le mien et me permet d'être authentique avec toute la palette de la féminité en action.


5. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton rôle ou dans ta pratique au Shung Do Kwan ?

L'aspect qui m'a immédiatement fascinée, c'est la mécanique du corps. Un déséquilibre, une luxation, chaque mouvement, s'il est placé dans l'axe parfait, est terriblement efficace. Un centimètre à côté, il peut être contré ou inefficace. La précision s'obtient avec la répétition et la vigilance portée sur chaque mouvement. Lors des cours, je suis très motivée à transmettre mes connaissances et particulièrement à trouver le moyen adéquat pour faire ressentir à l'élève la justesse d'une technique et, bien sûr, avec une bonne dose d'humour. En fin de journée, il faut savoir apprendre avec plaisir.


6. Y a-t-il un souvenir ou une anecdote du Shung Do Kwan qui t’a particulièrement marqué ?

Je me souviens particulièrement d'un événement où de nombreuses sections avaient fait une démonstration à l'occasion, me semble-t-il, de notre première participation à l'Automne de la culture japonaise. Chacun avait mis du cœur pour cette belle présentation de notre club et montrait la richesse et la diversité de chaque section.


7. Qu’est-ce que le Shung Do Kwan représente pour toi en trois mots ?

Convivialité, progression et lâcher-prise.


8. En dehors du club, qu’est-ce qui te passionne ou t’occupe lorsque tu ne traînes pas tes guêtres dans un dojo ?

J'adore voyager et rencontrer d'autres cultures. Je suis toujours en train de planifier une escapade ou des vacances. Les relations humaines m'enrichissent et c'est également le cas avec chaque personne avec laquelle je passe suffisamment de temps, même si elles ont une déficience mentale ou la maladie d'Alzheimer. La rencontre de personne à personne est unique.


9. Si tu pouvais maîtriser instantanément une compétence — martiale ou totalement inutile — laquelle choisirais-tu et pourquoi ?

Je souhaiterais pouvoir apaiser l'anxiété et les angoisses, car elles empêchent les gens d'être eux-mêmes et de réaliser leur immense potentiel.


10. Et pour terminer : quelque chose que les membres du Shung Do Kwan seraient probablement surpris d’apprendre sur toi ?

Je suis partie pendant 15 mois, sac au dos, faire un voyage autour du monde lorsque j'avais 25 ans... Sans aucun doute, les voyages forment la jeunesse.


Hey ! Tu veux trouver ton art martial ?