
Avec cette nouvelle rubrique, nous partons à la rencontre de celles et ceux qui font vivre le Shung Do Kwan au quotidien : instructeurs, pratiquants, bénévoles, membres du comité ou du Bureau… autant de visages, de parcours et d’histoires qui composent notre club.
Pour ce nouveau portrait, nous avons posé nos dix questions à Gabriel Arbus, présent au Shung Do Kwan depuis son enfance, ancien judoka du club et aujourd’hui impliqué dans son fonctionnement logistique au quotidien.
1. Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Gabriel Arbus, je suis étudiant au Collège. Je fréquente le SDK depuis que je suis enfant et j’y ai notamment pratiqué le judo jusqu’à la ceinture bleue.
À part ça, je ne sais pas trop quoi ajouter sur moi sans que ça commence à ressembler à une fiche Wikipédia, donc on va rester simple !
2. Quel est ton rôle aujourd’hui au Shung Do Kwan ?
Je suis ce qu’on pourrait appeler le « concierge » du SDK. Mon rôle ne se limite pas aux tatamis : je m’occupe de leur installation, de leur rangement, de leur nettoyage et de leur réparation, mais aussi plus largement de la mise en place et du bon fonctionnement des infrastructures que nous utilisons, notamment à Tremblay, Cayla et Motta.
Tout au long de l’année, je m’occupe également de l’ouverture et de la fermeture des locaux, ainsi que de leur sécurisation, notamment à Tremblay et à Cayla. Et pendant les vacances scolaires, je prends en charge plus globalement la gestion de l’infrastructure utilisée par le club durant cette période : nettoyage, préparation des lieux et vérification que tout soit prêt pour les différentes sections.
Je travaille pour le club depuis environ un an, même si je fréquente le Shung Do Kwan depuis bien plus longtemps.
3. Comment as-tu découvert le Shung Do Kwan ?
Quand j’étais tout petit, j’ai commencé le judo au Judo Club des Grottes avec mon frère. Ça se passait très bien et j’aimais beaucoup les enseignants que j’avais à l’époque. Quand ils sont partis, il y a eu plusieurs changements en assez peu de temps. Et apparemment, d’après mes parents, quand j’étais petit, les changements n’étaient pas exactement ma passion…
Ils ont donc commencé à chercher un autre club pour que je puisse continuer le judo dans un environnement un peu plus stable, parce que ça me plaisait vraiment et que je me débrouillais plutôt bien. C’est comme ça qu’ils ont découvert le Shung Do Kwan, qui était en plus assez proche. Mon frère et moi avons donc rejoint la section judo du SDK.
J’y ai rencontré une nouvelle équipe d’instructeurs avec laquelle ça s’est très bien passé, notamment Juliane Robra, que j’appréciais beaucoup.
Donc, techniquement, je dirais que ce sont mes parents qui m’ont fait découvrir le Shung Do Kwan. À cet âge-là, je n’avais pas vraiment mon mot à dire!
4. Quelle place les arts martiaux ou le sport occupent-ils dans ta vie ?
J’ai pratiqué plusieurs disciplines pendant longtemps : de l’athlétisme, de la gymnastique et surtout beaucoup de judo, qui a vraiment occupé une place importante dans ma vie pendant plusieurs années.
À l’époque du cycle d’orientation, j’avais même envisagé de rejoindre le programme Sport-Art-Études pour pouvoir continuer à pratiquer de manière plus intensive. Malheureusement, ça a coïncidé avec la période du Covid, qui a complètement chamboulé les entraînements, les habitudes et toute l’organisation autour du sport.
Ça m’a pas mal refroidi et, petit à petit, j’ai fini par lever le pied. Depuis, disons que je suis devenu… un peu plus casanier qu’avant.
J’aime toujours le sport, mais on va dire que mon niveau d’assiduité actuel n’a plus grand-chose à voir avec celui de l’époque...
5. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton rôle au Shung Do Kwan ?
Travailler dans un club aussi ancien, avec autant de sections, autant de membres et autant de besoins différents, m’a surtout permis de comprendre une chose: quand une organisation paraît simple et fonctionne bien, c’est souvent parce qu’il y a beaucoup de travail derrière pour que justement ça ait l’air simple. Parce que ça ne l'est pas.
Il faut gérer des infrastructures, du matériel, des horaires, des imprévus, des demandes parfois contradictoires, et évidemment composer avec beaucoup de personnes et quelques caractères bien affirmés.
Et comme mon père est membre du comité, j’ai aussi la chance - ou le malheur, selon les jours! - de voir tout ça d’un peu plus près. Je vois le temps que lui et les autres personnes impliquées passent à régler des problèmes, trouver des solutions, faire fonctionner les choses et parfois arrondir les angles pour que, côté pratiquants, tout paraisse finalement assez naturel.
Je pense que c’est quelque chose dont on ne se rend pas toujours compte quand on vient simplement s’entraîner.
Mais au-delà de ça, j’aime le fait d’avoir moi aussi un rôle concret et utile dans le fonctionnement du club. Je sais que ce que je fais sert directement aux pratiquants et aux différentes sections.
Et puisque la question demande ce qui me plaît le plus, je vais quand même rester honnête: le salaire n’est pas désagréable non plus! Surtout quand on est étudiant à Genève, où disons que la vie n’est pas exactement réputée pour être bon marché…
6. Y a-t-il un souvenir ou une anecdote du Shung Do Kwan qui t’a particulièrement marqué ?
Au départ, je pensais ne pas vraiment avoir de souvenir particulier qui me venait à l’esprit. En réfléchissant un peu, il y en a quand même quelques-uns.
L’obtention de ma ceinture bleue de judo, par exemple, reste forcément un bon souvenir.
Mais celui qui me revient le plus facilement, c’est probablement le déménagement du dojo de Liotard. À cette époque-là, mon frère et moi avons été plus ou moins réquisitionnés pour aider mon père à transporter des choses qui devaient être déplacées et réinstallées ailleurs. Et quand je dis "transporter", je parle notamment de bureaux, d’armoires, de matériel de secrétariat, de tonnes de classeurs et d’autres trucs qui, de mémoire, pesaient pas loin d'un âne mort.
Il a fallu descendre, monter, porter, recommencer, notamment dans les escaliers pour installer le matériel à Motta. Sur le moment, je ne suis pas certain d’avoir considéré ça comme un souvenir particulièrement heureux - j’ai probablement beaucoup râlé - (mon père confirme) mais avec le recul, c’est clairement une des périodes qui me revient le plus quand je pense au SDK.
Et finalement, ça résume peut-être assez bien le club : parfois on vient pour les arts martiaux, et parfois on se retrouve à porter une armoire dans un escalier sans vraiment avoir compris comment on en est arrivé là.
7. Qu’est-ce que le Shung Do Kwan représente pour toi en trois mots ?
Employeur. Arts martiaux. Histoire.
Employeur, parce que techniquement, aujourd’hui, c’est aussi ça pour moi...
Arts martiaux parce que… bon, c’est quand même un peu le projet...
Et histoire parce que j’aime beaucoup l’histoire en général, et que le Shung Do Kwan en a justement une assez longue derrière lui. C’est le plus ancien club d’arts martiaux de Genève, donc forcément, ça me parle un peu plus que si le club avait été créé avant-hier.
8. En dehors du club, qu’est-ce qui te passionne ?
Principalement l’histoire et les jeux vidéo actuellement...
J'ai 18 ans, hein... Je n'allais pas répondre la pôterie pré-colombienne et les colliers de nouilles.
Trêve de plaisanteries, l’histoire m’intéresse depuis longtemps, sans que j’aie forcément une période préférée. J’aime surtout comprendre comment les choses se sont construites, ce qui s’est passé, pourquoi, et ce que ça raconte sur les sociétés qui nous ont précédés.
Cette curiosité pour le passé m’a aussi assez naturellement amené à m’intéresser à l’archéologie. C’est d’ailleurs une voie qui me plaît depuis l’école primaire et qui m’intéresse toujours aujourd’hui. Bon, j’ai encore un peu de temps avant de devoir graver ça dans le marbre, mais pour l’instant, ça reste une piste que j’ai vraiment envie d’explorer.
Pour les jeux vidéo, j’aime surtout les jeux de rôle et les mondes ouverts, ceux où on peut explorer, se balader, prendre son temps et faire un peu ce qu’on veut. J’aime bien ce sentiment de liberté et le fait de pouvoir construire sa propre histoire au lieu de simplement suivre un chemin tout tracé.
Finalement, entre l’histoire et les jeux vidéo, il y a peut-être un point commun : dans un cas, j’aime découvrir des histoires qui ont déjà eu lieu ; dans l’autre, j’aime bien pouvoir décider moi-même de ce qui va se passer.
9. Si tu pouvais maîtriser instantanément une compétence — martiale ou totalement inutile — laquelle choisirais-tu ?
Probablement savoir déchiffrer n’importe quelle langue ou écriture ancienne.
Vu que l’histoire et l’archéologie m’intéressent depuis longtemps, ça pourrait quand même être assez chouette de tomber sur un texte vieux de 2000 ans et de pouvoir le lire directement au lieu de regarder les symboles en faisant semblant de comprendre. Et accessoirement, ça me ferait probablement gagner quelques années d’études...
10. Et pour terminer : quelque chose que les membres du Shung Do Kwan seraient probablement surpris d’apprendre sur toi ?
J’ai une capacité assez pratique à faire 2 choses en même temps sans forcément décrocher de l’une ou de l’autre.
Au cycle d'orientation, par exemple, il m’arrivait d’écouter le cours tout en lisant un manga. Au début, certains professeurs pensaient évidemment que je n’écoutais absolument rien - ce qui, vu de l’extérieur, il faut l'admettre, était quand même une conclusion assez logique. Puis les premiers contrôles sont arrivés, les résultats étaient très bons, et ils ont fini par comprendre que, bizarrement, ça fonctionnait.
Donc je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça un super-pouvoir, mais disons que si Marvel ou DC cherchent un jour quelqu’un capable de suivre un cours tout en lisant autre chose, je suis disponible...